« L’un des avantages majeurs des tests sanguins est qu’ils sont non invasifs et généralement très bien acceptés par l’ensemble de la population. Si on prend l’exemple du cancer colorectal, les tests actuels de dépistage se font sur base de recherche de sang dans les selles, mais on constate qu’une majorité des personnes concernées rechignent à s’y soumettre, pour des raisons bien compréhensibles de convenance personnelle liées à la nature même de ces tests.

Les tests sanguins sont en cours de développement : différents projets sont en phase de validation clinique. Le projet le plus avancé concerne le cancer colorectal, mais d’autres types de cancer -prostate, pancréas, poumon- font l’objet d’études pilotes qui ont abouti à des résultats prometteurs. »

 

Depuis combien de temps ces études existent-elles ?

« Elles sont très récentes : l’étude clinique en cours sur le cancer colorectal, en collaboration avec l’hôpital Hvidovre au Danemark, a débuté cette année, en utilisant des échantillons rétrospectifs. Pour ce qui est de l’étude prospective, le recrutement des patients et la collection des échantillons a commencé en avril 2014, pour une durée de deux ans. Une étude prospective est également en cours avec le CHU Mont Godinne et porte sur 250 sujets. »

 

Ces tests sanguins doivent néanmoins représenter un coût conséquent ?

« C’est tout le contraire. En effet, l’atout de cette technique est que, grâce à la plateforme Nucleosomics qui a été développée par VolitionRX, seul un volume de sang très limité est nécessaire : une goutte de sang suffit. Il n’y a pas de traitement de l’échantillon nécessitant des appareils bien spécifiques : ceux-ci sont déjà disponibles dans les hôpitaux. Par conséquent, le coût, tant pour la santé publique que pour le patient, est particulièrement raisonnable. »

 

Comment fonctionne cette plateforme Nucleosomics ?

« Lorsque la tumeur se développe, il y a prolifération cellulaire, mais aussi de la mort cellulaire. À ce moment-là, les cellules vont “larguer” leur contenu dans le milieu environnant, c’est-à-dire dans le sang. Parmi ce contenu, on retrouve des marqueurs spécifiques du cancer. Le principe est donc d’analyser le sang avec un immunoessai, afin de reconnaître les structures spécifiques qui ont été relarguées par des cellules cancéreuses. »