D’où vous est venue la passion pour l’escalade ?

Elodie Orbaen : « Mes parents grimpaient déjà avant ma naissance et ils m’ont légué cette passion dès ma jeune enfance. L’escalade m’est donc venue naturellement, elle est entrée dans mes habitudes, comme d’autres enfants vont au foot ou à la danse. »

Quels ont été les principaux temps forts de votre parcours ?

E. O. : « Enfant, je ne grimpais qu’avec mes parents et j’en garde de très beaux souvenirs. Mais le moment où j’ai commencé à pratiquer l’escalade avec des amis et des jeunes de mon âge a marqué un temps fort de ma vie. Un autre temps fort a été le début des compétitions, que j’ai démarrées assez tard, vers 30 ans. »

 

L’évolution des prothèses a été phénoménale.
Je dois en porter depuis toujours, étant donné que
mon handicap est une malformation de naissance.

 

Comment s’est passé le championnat de Belgique le 23 avril dernier ?

E. O. : « C’était très sympa, la compétition rassemblait plusieurs catégories d’handi-escalade, l’occasion de rencontrer des sportifs impressionnants ! Quand je participe à ces compétitions, l’enjeu m’importe peu. À vrai dire, même lors des compétitions internationales, je ne me mets pas une pression démesurée : je ne suis pas une compétitrice dans l’âme… Mon objectif principal n’est pas de ramener des médailles, mais bien de prouver que ce sport existe, qu’il est accessible. Si cela peut faire naître des vocations, tant mieux ! »

Avez-vous remarqué l’évolution des technologies médicales, notamment en matière de prothèses ?

E. O. : « L’évolution des prothèses a été phénoménale. Je dois en porter depuis toujours, étant donné que mon handicap est une malformation de naissance. Avant, ces prothèses étaient en métal ou en fer, lourdes et pas toujours solides. Aujourd’hui, les nouvelles prothèses sont conçues dans des matériaux synthétiques plus doux, adaptés et légers. »

L’acceptation de votre handicap a-t-elle marqué un tournant dans votre vie ?

E. O. : « Absolument. Ma carrière a d’ailleurs débuté avec l’acceptation de mon handicap. Avant, je passais beaucoup de temps à tenter de le cacher : la prothèse n’était pas esthétique du tout, je ne l’assumais pas… Mais avec le temps, j’ai appris à accepter ma différence. Les nouveaux modèles de prothèses sont plus beaux et discrets, j’ose davantage la montrer.

J’ai également participé à une émission pour CAP48, pour laquelle nous avons effectué l’ascension du Mont Blanc. Je devais y mettre mon handicap en avant, ce qui a constitué un véritable défi pour moi, qui avais plutôt tendance à le cacher ! Cette acceptation a tout simplement changé ma vie… »

Quel message souhaiteriez-vous envoyer aux jeunes qui rêvent d’une carrière sportive ?

E. O. : « Que l’on soit valide ou invalide, nous avons tous des objectifs. Peu importe qu’ils soient sportifs ou non, le plus important c’est d’y croire, d’oser, d’essayer, d’accepter qu’il y aura des hauts et des bas. La vie de tous les jours est aussi une sorte de marathon ! Je pense que, avec ou sans handicap, nous nous battons tous de la même manière… »

Quel rôle le sport a-t-il dans votre vie ?

E. O. : « Le sport m’a appris le dépassement de soi et la volonté d’y arriver, coûte que coûte. Je ne sais pas si c’est le sport ou mon handicap qui m’ont permis de développer un esprit combatif – probablement un peu des deux –, mais il est certain que cette discipline m’a beaucoup appris et m’aide réellement au quotidien. »