Quelle est la situation de la Wallonie en matière d’innovation médicale ?

Sylvie Ponchaut - Les acteurs réunis au sein de BioWin sont reconnus tant pour leur excellence scientifique que pour leur volume d’affaires. À côté des sept grands acteurs que compte le Sud du pays (UCB, GSK, etc.), il y a de nombreuses start-up innovantes et un vivier de laboratoires académiques de pointe. Sur le plan international, toute cette dynamique attire des investisseurs étrangers. En 2013, les dépenses de R&D ont dépassé le milliard d’euros.

 

Dans quels secteurs la Wallonie se distingue-t-elle particulièrement ?

S. P. - Sur le plan industriel et académique, ils sont nombreux : l’immunologie et les vaccins au sens large, dont l’immunothérapie du cancer ; la radiopharmacie, dont la tradition est bien ancrée en Belgique ; la thérapie cellulaire, un secteur datant d’il y a 6 -7 ans à peine et dans lequel nous sommes déjà le leader mondial ; les dispositifs médicaux implantés, une filière relativement neuve, qui attire des partenaires et experts étrangers ; et enfin, le diagnostic in vitro, où nous avons des marchés et des technologies de niche.

 

Quelles sont les forces et les faiblesses de nos entreprises ?

S. P. - Du côté des forces, elles développent des innovations de rupture. Il y a, par exemple, peu de produits de thérapie cellulaire sur le marché. De manière générale, la qualité de nos recherches et le professionnalisme de nos managers sont deux de nos atouts. En ce qui concerne les faiblesses, la Wallonie reste petite, d’où l’importance de rester attractif pour accueillir des compagnies étrangères et consolider des masses critiques. L’autre difficulté, commune à d’autres régions, est de pouvoir accéder au financement privé. Enfin, j’ai le sentiment que la recherche fondamentale est de plus en plus négligée ; nos universités sont sous-financées.