Didier Gosuin,
Ministre bruxellois
en charge de la santé

 

En quoi consiste votre plan e-santé ?

Didier Gosuin : « Il s’appuie sur différentes initiatives. D’abord un réseau santé, soit une plate-forme d’échange des dossiers médicaux, qui regroupe tous les opérateurs de soins : hôpitaux, 1re ligne, psychiatrie, spécialistes et, demain, infirmières, pharmaciens et patients. Actuellement, tous les hôpitaux bruxellois font partie du réseau, mais seuls 66 % des généralistes, l’objectif étant ici de parvenir à 100 %. Même chose pour les spécialistes. Du côté des patients, 250 000 Bruxellois ont accepté l’informatisation de leur dossier médical en 2016 ; on en est à 450 000 cette année, soit près de 50 % de la population ! »

 

Quels sont les autres axes ?

D. G. : « Via le cluster lifetech.brussels, nous focalisons le soutien à l’innovation et aux entreprises qui développent des applications, souvent digitales, autour de la santé. Ici, il s’agit notamment de rencontrer les besoins du patient à domicile et d’assurer son accompagnement à distance. Une start-up, par exemple, a développé une application en réalité virtuelle pour la revalidation des patients atteints d’un AVC. Enfin, la plate-forme e-santé.brussels associe les mondes économique, institutionnel, politique et académique aux opérateurs de soins de santé. »

 

250 000 Bruxellois

ont accepté l’informatisation de leur dossier médical en 2016 ;
on en est à 450 000 cette année, soit près de 50 % de la population.

 

Ce plan cible également des thématiques très précises…

D. G. : « Ce réseau doit en effet répondre aux objectifs les plus préoccupants : les maladies chroniques et la dépendance, la santé mentale, etc. Pour éviter les hospitalisations de longue durée, on doit par exemple développer des soins à domicile, du suivi à distance, etc. »

 

Quel est l’impact économique de ce plan ?

D. G. : « Nous avons investi plusieurs millions dans ce réseau, l’informatisation des hôpitaux, l’interconnexion de la garde organisée en médecine générale et la formation des médecins. Nous parions sur l’avenir des "lifetechs" et sur les industries urbaines de demain. Ce plan favorise aussi l’émergence de start-ups. Nous avons ainsi lancé deux appels à projets, dont le premier concerne un accélérateur qui accompagnera les start-ups développant des applications mobiles. Le second concerne la sélection de 7 start-ups travaillant à l’interopérabilité des applications dans le domaine de la santé au niveau européen. »