Jean-Luc Canon,
Chef de service Oncologie-Hématologie du Grand Hôpital de Charleroi (GHdC)

 

De quel traitement parle-t-on ?

Jean-Luc Canon : « Il s’agit de celui à base du trastuzumab, un anticorps monoclonal. Il concerne certaines catégories spécifiques de cancer du sein, représentant environ 15 à 20 % des cas. Auparavant, il était donné par intraveineuse. Depuis deux ans environ, ce médicament, entièrement remboursé par l’INAMI, peut se donner par voie sous-cutanée. »

 

Avec quels avantages ?

J.-L. C. : « Des études prouvent que l’administration sous-cutanée est tout à fait équivalente à une intraveineuse. Mais, surtout, le trastuzumab entraîne une augmentation significative du taux de rémission et une réduction du taux de la mortalité pour les femmes atteintes par cette catégorie de cancers mammaires. Autre avantage : cette méthode d’administration via une injection sous la peau est très aisée, confortable et rapide pour les patientes : de 2 à 5 minutes à peine contre 30 à 90 minutes pour le traitement intraveineux. »

 

Des études prouvent que l’administration sous-cutanée
est tout à fait équivalente à une intraveineuse.

 

Comment ce traitement agit-il ?

J.-L. C. : « C’est un traitement ciblé. Certains cancers du sein présentent à leur surface une protéine spécifique qu’on appelle Cerb-B2 ou Her-2. Quand ce récepteur Her-2 est activé, cela pousse les cellules cancéreuses à proliférer rapidement, avec un plus haut risque de métastase. Cet anticorps va se fixer sur cette protéine et bloquer le système d’activation. Il semblerait également posséder la capacité de stimuler notre système immunitaire afin de réagir contre les cellules tumorales. »

 

La patiente peut-elle s’administrer elle-même le médicament ?

J.-L. C. : « Non, les piqûres doivent être administrées par un personnel compétent, habitué à les donner. Mais l’un des gros avantages est qu’elles peuvent être données au domicile. Ceci évite à la patiente de devoir se déplacer à l’hôpital. C’est particulièrement intéressant pour les personnes très âgées ou dépendantes. Insistons aussi sur le fait que les infirmiers spécialisés se rendant au domicile de la patiente peuvent, tout comme à l’hôpital, alerter le médecin traitant et le médecin spécialiste en cas d’éventuels effets secondaires indésirables. Le traitement du patient est alors adapté sans que celui-ci ne doive nécessairement revenir à l’hôpital. »